19 janvier 2008

Manque de collaboration

compréhension, coopération, allergie alimentaire

Une des particularités des allergies alimentaires est que la collaboration de la garderie, de l’école, de la famille élargie, des connaissances et des amis est essentielle à la fois pour éviter un contact accidentel avec l’allergène et pour éventuellement pouvoir intervenir adéquatement en l’absence des parents. Il n’y a aucun doute que l'allergie alimentaire est de plus d’une manière étroitement liée à l’environnement de la personne allergique. Je ne sais pas pour vous mais il m’est arrivé à quelques occasions de devoir composer avec des personnes qui n’étaient pas très collaboratrices. Au fils de mes expériences, j’ai regroupé en catégories les principales causes de ce leur résistance.


Tout d’abord, même si ça me semble bien incroyable parce que je vis au quotidien avec les allergies alimentaires, il y a des gens qui n’ont jamais entendu parlé de choc anaphylactique. Ignorant que certaines réactions allergiques peuvent mettre la vie en péril, ils sont peu motivés à prendre les précautions nécessaires pour les éviter. Souvent, le simple fait de les informer en fera des partenaires fiables.


Il y a aussi ceux qui confondent les régimes alimentaires avec l’évitement complet d’un allergène. Vous conviendrez avec moi qu’en comparaison des régimes alimentaires, la marge d’erreur est tout à fait inexistante lorsqu’il est question d’allergie alimentaire. Si oncle Jean-Pierre mange par inadvertance des aliments un peu trop riches en cholestérol, il n’éprouvera pas subito presto des difficultés respiratoires mettant sa vie en danger. Les allergies alimentaires n’engendrent pas un régime supplémentaire mais forment un groupe bien à part. Si Tante Georgette pouvait comprendre cette distinction, elle serait probablement plus rigoureuse.


D’autres, même s’ils ont bien compris ce qu'est l'allergie alimentaire, pensent que ce que je leur raconte est trop incroyable pour être vrai. Il y a une partie de moi qui ne peux les blâmer car avant d’être embarquée dans le bateau des allergies alimentaires, je n’aurais jamais pu évaluer l’ampleur de leurs impacts. C’est pour éviter de mettre ma crédibilité en doute que j’ai souvent éduqué les personnes dont la collaboration était souhaitable en leur remettant de la documentation provenant d’une source reconnue. J’affectionne particulièrement le carnet d'information produit par le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) disponible en ligne ici. Il est aussi possible de commander gratuitement des exemplaires en version papier.


Il y a des individus qui se servent des allergies alimentaires pour régler un conflit d’une toute autre origine. Dans ce cas, leur collaboration sert de prétexte pour exprimer des émotions latentes. À titre d’exemple, belle-maman qui n’approuve pas que son fils vous ait choisie comme conjointe pourrait résister à travailler en équipe avec vous. Dans ce cas, la but ultime de la collaboration, qui est de préserver la vie d’une personne allergique, doit être clairement précisé et souvent répété.


Il y a des gens qui ont peur. Peur d’être légalement poursuivis s’ils provoquaient accidentellement une réaction allergique, peur de devoir manipuler des aiguilles et peur de ne pas être à la hauteur s’ils devaient gérer une situation d’urgence. Sans avouer leurs craintes, ils vont chercher à éviter toutes les occasions où ils pourraient devoir assumer une responsabilité en cas de réaction allergique. Seraient-ils à la hauteur de la situation s’ils avaient à intervenir ?


Il y a des personnes qui pensent que l’on doit vivre chacun pour soi. Pour eux, pas question de protéger les plus faibles ou de s’entraider. Animés par cette philosophie de vie, il y a peu de chance qu’ils prennent en compte les besoins d’une minorité.


Et vous, ajouteriez-vous d’autres causes possibles au manque de collaboration ?











 

Autres articles pouvant vous intéresser :
Accorder la priorité pour les bonnes raisons 
.

8 commentaire(s):

Nancy a dit...

Mère d'un garcon de 6 ans allergique aux arachides, je rencontre souvent beaucoup de résistance dans mon entourage. Plus spécialement de la part de l'école primaire qu'il fréquente depuis septembre. Je crois qu'il y a une autre catégorie de gens malheureusement : les gens ignorants insécures qui ne veulent pas être informés. Peu importe la quantité d'information donnée, les exemples bien précis et terre à terre, il demeure une impossibilité navrante de la part de ce genre de personne. Le plus désolant pour moi c'est que ce genre de personne ont la responsabilité de mon enfant 5 jours par semaine... Il faut composer avec et responsabiliser mon enfant le plus possible, mais je trouve ca un peu absurde que le tout repose sur les épaules de mon fils qui n'a quand même que 6 ans après tout et qui en est maintenant à vouloir cacher qu'il est allergique...

Merci pour ce blog intelligent et pertinent!

LISE a dit...

Bonjour Nancy,

Merci pour tes bons mots sur mon blogue. Ils me font chauds au coeur.

Je suis navrée d’apprendre que le personnel de l’école de ton fils n’est pas très collaborateur. Au Québec, ce sont les infirmières scolaires qui veillent à la mise en place d’un plan d’intervention en cas de réaction allergique alors que ce sont les écoles qui décident de leurs politiques de prévention. Je crains que selon la tendance des personnes en place, la gestion des allergies alimentaires soit très différente d’une école à l’autre. Je crois qu’une intervention nationale éviterait les dérapages individuels et serait très bénéfique pour les élèves allergiques. Dans ton cas, est-ce une enseignante, la direction ou l’infirmière scolaire qui ne collabore pas ?

Tout comme ton fils, Fiston a choisi très jeune de cacher ses allergies alimentaires. En bout de ligne, je constate que ça lui a permis de se faire apprécier des autres et de lui-même pour les multiples aspects de sa personnalité plutôt que de voir en lui seulement ses allergies alimentaires. Par contre, question sécurité ce n’est pas idéal.

Isabelle a dit...

Bonjour Lise, après quelques semaines d'absence, je revisite ton blogue (très beau, en passant!).

Pour la grande majorité du personnel travaillant dans une école (à part les premiers répondants et ceux qui ont à vivre avec une allergie alimentaire), le contact avec cette réalité se résume aux 45 minutes de la formation annuelle sur l'auto-injecteur. Je ne les blâme pas, car le quotidien des enseignants est vraiment rempli de choses tout aussi importantes à se souvenir. Quand même, si on avait des normes nationales, les infirmières scolaires pourraient, peut-être, remettre une feuille (pas plus, sinon certains ne la liront pas!!) avec des conseils, des trucs pour faciliter la vie des enfants/adolescents.

LISE a dit...

Merci Isabelle pour ton commentaire.

Les enseignantes pourraient être sensibilisées au fait qu’elles retireront des bénéfices à savoir reconnaître les situations à risque. En pratique, la gestion de leur classe serait facilitée par l’évitement de la majorité des circonstances problématiques plutôt que d’avoir à y faire face en improvisant une alternative pour l’enfant allergique. Comme dit le proverbe « Mieux vaut prévenir que guérir ».

Nancy a dit...

Bonjour Lise,

Merci pour cette reponse. De voir que mon fils n'est pas le seul à adopter cette attitude (i.e. de vouloir cacher des allergies) me rassure grandement. C'est difficile pour lui et l'entrée en maternelle est pour lui la découverte d'une toute nouvelle société qui n'est pas toujours dès plus tendre avec lui. Il faut donc trouver un équilibre entre l'insertion sociale et la sécurité. Pour répondre à la question, c'est le directeur de l'école qui se montre fermé. Il considère ne pas être responsable du 10% d'erreur que son personnel pourrait commettre (incluant lui-même) et demeure fermé lorsqu'il est question d'informer le personnel suppléant et stagiaire...Finalement, il m'a dit qu'il me considère comme un "parent extrême"...soupir... et j'en passe. Très ironique, puisque je m'applique avec la plus grande rigueur à ne pas tomber dans ce piège facile. Je suis ouverte, tolérante, et j'essaie seulement de travailler avec eux afin que mon fils soit heureux et en sécurité. Mais bon, les personnalités difficiles sont partout ;-) et il faut bien faire avec. Mon fils est heureux et je le crois en sécurité à l'école mais uniquement grâce à ma vigilance constante et à mes quelques coups de fils et visites chez Mr le Directeur :-).

LISE a dit...

Bonjour Nancy,

Que ton fils soit heureux et en sécurité, ça prouve que tu as fait du bon boulot. Garde le cap!

Luckycharme a dit...

Bonjour Lise,

je vis présentement ce type de situation avec la famille de mon conjoint! Ma belle-mère ne prend rien au sérieux. Je dois dire qu'elle est très âgée mais après avoir causé 2 réactions allergiques, elle devrait comprendre. Mon fils est allergique aux produits laitiers et aux arachides. Dès que j'ai le dos tourné, elle en profite pour lui donner une poignée de Smarties ou des biscuits sans en connaitre les ingrédients.
Malheureusement pour elle, j'ai commencé à espacer considérablement nos visites. Elle pense que ça ne peut lui faire de mal et comme c'est une petite quantité, ce n'est pas grave.
Aujourd'hui, elle est très en colère contre moi car j'ai refusé de me rendre au baptême du petit dernier car ma belle-soeur a décidé de faire une dégustation vin et fromage après.
Les réunions familiales sont devenues infernales pour nous car fiston a seulement 2 ans et mange tout ce qui traîne.
Heureusement, je sais qu'il grandira et qu'il pourra éventuellement répliquer à sa grand-mère lorsqu'elle lui offrira un danger potentiel!
Vos commentaires me prouvent que ce n'est que le début d'un long chemin sinueux. Fiston commençera la garderie cet automne. Ça m'angoisse beaucoup, mais de vous lire me fais du bien.
Félicitation Lise pour la qualité du site et du contenu!

Lise a dit...

Bonjour Luckycharme,

Tout d’abord, laisse moi te féliciter d’accorder la priorité à la sécurité de ton fils. En tant que maman, il est tout à fait légitime que tu te soucies de la vie de ton enfant.

Souvent l’éducation et la sensibilisation viennent à bout des individus les plus récalcitrants à s’adapter aux allergies alimentaires. Afin d’éviter que tes proches pensent que tu exagères, il pourrait être à propos que tu les invites à lire des documents conçus par des sources crédibles expliquant ce que sont les allergies alimentaires et les précautions à prendre pour éviter une réaction allergique. À cet effet, le dépliant portant le titre Votre carnet d’information sur les allergies alimentaires produit par le MAPAQ pourrait être fort utile. Tu peux le commander par la poste ou le télécharger à cette adresse : http://www.mapaq.gouv.qc.ca/NR/rdonlyres/2633AAD1-E6CD-4385-8AAA-CB19CC9ACAA1/0/Carnet_allergiesalimentaires.pdf N’aies pas peur d’insister pour éduquer et sensibiliser ta belle-famille car même si les dangers des allergies alimentaires te semblent évidents, ce n’est pas toujours le cas pour tous et certains mettent du temps à comprendre.

C’est tout à fait normal que tu craignes de confier la responsabilité de ton fils à quelqu’un d’autre car la majorité des parents d’enfants allergiques passent par là. As-tu trouvé une garderie qui satisfait tes exigences? Encore là, l’éducation et la sensibilisation contribuent à l’adoption de bons comportements préventifs.